Immersion

Premiers pas d’élève gendarme adjoint volontaire à Fontainebleau

Auteur : capitaine Marine Rabasté - publié le
Temps de lecture: ≃7 min.
© SIRPA - Gnd B.Lapointe

Le 29 août, 160 élèves gendarmes adjoints volontaires ont fait leur rentrée au sein de la première compagnie de l’école de gendarmerie de Fontainebleau. Le début pour eux d’une toute nouvelle expérience professionnelle, enrichissante et variée.

Il est à peine 8 heures et plus d’une dizaine de jeunes hommes et femmes, âgés de 17 à 26 ans, attendent déjà devant l’école de gendarmerie de Fontainebleau. Impatients, mais un peu stressés aussi, ils ne vont pas tarder à franchir la porte, laissant derrière eux probablement les derniers instants de leur vie civile. Le début d’une nouvelle expérience, pour ces jeunes de tous horizons. Durant plusieurs semaines, ils seront tous logés à la même enseigne. Cours, sports, aguerrissement et apprentissage de la discipline militaire … Ils seront tous formés pour devenir des Gendarmes adjoints volontaires (GAV).

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GAV APJA ou GAV EP ?

Parmi les 160 nouvelles recrues, 140 suivront la formation de GAV APJA (Agent de police judiciaire adjoint), et 20 celle de GAV EP (Emploi particulier). Mais quelle différence ?

Les GAV APJA ont vocation à rejoindre les unités opérationnelles (brigades territoriales, pelotons de gendarmerie de montagne, brigades fluviales …). Leur formation débute par 13 semaines au sein de l’école, au cours desquelles ils développeront leur connaissance de la gendarmerie, apprendront le maniement des armes et les techniques d’intervention, et seront formés à devenir des agents de sécurité des mobilités et des agents de police judiciaire adjoint. À l’issue, ils choisiront un groupement d’affectation, en fonction de leur classement. Une fois affectés, ils suivront une formation complémentaire en unité pendant une période de 12 semaines, avant d’obtenir leur diplôme de gendarme adjoint volontaire.

Les GAV EP, quant à eux, suivent un système de formation différent puisqu’ils sont recrutés pour une qualification particulière (horticulture, aide canin, musicien, secrétaire, magasinier ...). Avant d’incorporer l’école, ils ont répondu à une offre d’emploi. Ils disposent donc directement de leur affectation future. Leur formation dure 3 semaines, pour un volume total de 92 heures. Elle se compose de cours relatifs à la connaissance générale de l’institution et à la sécurité du gendarme en intervention.

Des profils variés

Sur les 160 élèves gendarmes adjoint volontaires de la 1e compagnie, aucun ne se ressemble. Certains connaissent déjà le monde militaire, d’autres non. Certains viennent de métropole, d’autres d’outre-mer. Les profils sont variés. Axel, par exemple, est le plus jeune de la compagnie. Du haut de ses 17 ans, le jeune homme vient d’obtenir son baccalauréat. « Mon père est gendarme donc je connais l’institution, y entrer est un rêve. Ce que je veux, c’est pouvoir aider les gens et être à leur contact. J’ai choisi de devenir GAV pour commencer tout de suite le métier ». De la formation il espère ressortir plus fort mentalement et physiquement.

À noter : S’il est possible d’intégrer l’école de GAV à 17 ans, il est cependant nécessaire d’avoir 18 ans le jour de la prise de fonction en unité.

Lenka, quant à elle, a un tout autre profil. Âgée de 26 ans, elle a fait le déplacement depuis la Nouvelle-Calédonie, où elle vivait avec sa famille. Elle a découvert le métier de GAV lors de sa formation au Régiment du service militaire adaptée (RSMA) et à travers les forums de recrutement. « Je suis fascinée par les métiers de la gendarmerie. J’attends de la formation GAV un apprentissage du métier et après, j’espère pouvoir évoluer en gendarmerie en tant que sous-officier » confie-t-elle. Thomas, 21 ans, dispose également d’une expérience propre. Avant d’intégrer l’école de Fontainebleau, il était militaire dans l’armée de Terre depuis presque trois ans. Au sein de la gendarmerie, il espère trouver plus de proximité et de contact avec la population. Des parcours différents donc, mais tous suivront la même formation.

Du côté des GAV EP, le constat est le même. Jade, 18 ans, va devenir aide-dresseur canin, à Gramat au centre national d’instruction cynophile de la gendarmerie. « Je souhaitais intégrer la gendarmerie car je voulais aider les autres et faire respecter la loi. Quand je me suis renseignée auprès du Centre d’information et de recrutement, on m’a orientée vers le recrutement GAV EP. J’ai une formation d’éducateur canin et je voulais exercer au sein d’une unité cynophile, explique-t-elle. Être GAV EP va me permettre de voir si ça me plaît avant de passer le concours de sous-officier. ». Quant à Raphaëlle, 21 ans, elle a découvert la possibilité de devenir GAV EP via Pôle emploi. « J’ai un DUT en gestion administrative et commerciale des organisations. Je cherchais un emploi et j’ai vu qu’il y avait une offre pour être secrétaire en gendarmerie, alors j’ai postulé ». De manière générale, tous sont attirés par le milieu militaire et la particularité d’exercer leur métier en son sein.

Et le premier jour, ça ressemble à quoi ?

Malgré leurs différences, force est de reconnaître que les 160 élèves présentent tous un point commun le jour de l’incorporation : l’appréhension du premier jour. Alors démystifions un peu le sujet. Dès 7h45, les nouvelles recrues arrivent à l’école de Fontainebleau. Elles ont jusqu’à 10 h pour s’y présenter. Après la vérification des pièces demandées préalablement par mail par l’adjudant de compagnie, les élèves sont conduits vers leurs bâtiments de vie, par leurs camarades de la deuxième compagnie qui achèvent bientôt, eux, leurs 13 semaines de formation. Puis, le moment est venu de signer son contrat. Ça y est, c’est officiellement le début de la vie militaire.

© SIRPA - Gnd B.Lapointe
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A 14 heures, les GAV EP commencent à percevoir leurs tenues. Les GAV APJA, quant à eux, sont répartis en quatre pelotons. À disposition de leurs cadres, ils vont découvrir l’école, faire leur photo d’identité militaire et apprendre à faire leur lit au carré et en batterie. Ce dernier point est un incontournable de toute formation militaire ! L’attention est de mise. Puis, après une information du service de santé, l’adjudant de compagnie présente aux élèves ce qui les attendra les prochaines semaines.

Les attentes des cadres

La première journée est également l’occasion pour les cadres de faire part aux élèves de ce qu’ils vont attendre d’eux. « La formation est courte et le rythme est soutenu. Les élèves doivent arriver motivés et un minimum préparés physiquement. Nous attendons d’eux une bonne présentation, de la discipline et un investissement physique et intellectuel constant. Pour réussir la formation, ils doivent au moins avoir une moyenne générale de 10/20. Mais plus ils seront bien classés, plus ils auront le choix de leur affectation » explique le capitaine Yoann, commandant la 1e compagnie. C’est ce qu’explique l’adjudant William, commandant le 4e peloton, dès les premières minutes de sa prise en main. « On attend de vous de la discipline et de la rigueur. Vous avez le droit de vous être trompés en venant ici, mais si vous restez, vous donnez le maximum ». Et il ne manque pas de rappeler les bases d’une bonne présentation militaire : cheveux courts et rasage pour les hommes, chignon propre et serré pour les femmes. Pas de piercings, pas de maquillage, et pas de tatouage apparent (des manchettes sont fournies pour les cacher). « Il est important pour eux d’être bien cadrés, explique-t-il. C’est d’ailleurs précisément ce que viennent chercher la plupart des jeunes : un cadre ».

© SIRPA - Gnd B.Lapointe
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Et quels que soient leurs motivations, leur origine sociale, leur âge, leur passé … il est nécessaire de rappeler que « tout le monde a ses chances, à condition d’être ouvert d’esprit, d’avoir une attitude militaire, d’être curieux, intéressé et intéressant ». Mais pas d’inquiétude ! Si l’on en croit Tanguy, élève GAV de la 2e compagnie, en fin de formation, « on se fait rapidement au basculement de la vie civile à la vie militaire. »

Et après ?

« Devenir GAV est une belle opportunité pour se lancer dans la vie active, explique le capitaine Yoann. Ils peuvent exercer partout en France : dans les unités territoriales, dans les brigades nautiques, dans les centres de formation, dans les unités spécialisées comme les brigades de gendarmerie des transports aériens, la gendarmerie de l’air, de l’armement ou encore maritime. Il y a même la possibilité d’exercer en unité montagne, en passant les tests, ou à la cavalerie de la Garde républicaine, pour les équitants. Sans compter que c’est aussi le bon moyen pour bien se préparer au concours de sous-officier ». Outre une expérience professionnelle enrichissante, devenir GAV, c’est également bénéficier d’une solde, d’un contrat à durée déterminée, de six ans maximum, et de la mise à disposition d’un logement. Un bon départ dans la vie active, donc !

 

Retrouvez plus d’informations sur le site La Gendarmerie recrute.