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Tour de France 2022 : retour sur la préparation d’une étape au sein d’un groupement de gendarmerie

Auteur : la capitaine Marine Rabasté - reportage photo Brice Lapointe - Sirpa-G - publié le
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© Sirpa-G - B. Lapointe

Accueillir une étape du Tour de France est un grand événement pour un département. Tous les services de l’État et départementaux sont à pied d’œuvre pour organiser le passage de la Grande Boucle. Dans le Jura, le groupement de gendarmerie départementale a, pendant plusieurs mois, construit son dispositif de sécurité.

Avec ses multiples paysages, le Jura offre une diversité de parcours importante. C’est d’ailleurs pour cela que le département accueille régulièrement des étapes du Tour de France. Cette année, c’est à Dole qu’a été lancé le départ de la 8étape de la 109édition de la Grande Boucle. Les coureurs ont alors foulé les routes jurassiennes durant 107 km, avant de passer la frontière franco-suisse pour rejoindre Lausanne. Mais derrière les festivités du Tour, toute une logistique est mise en place, notamment en matière de sécurité.

Ainsi, c’est tout un dispositif, coordonné par le lieutenant-colonel Joël Scherer, officier de liaison gendarmerie sur le Tour, qui est mis en place afin de garantir la viabilité de l’itinéraire et son herméticité. En plus des forces dédiées au Tour (escadron motocycliste et peloton d’intervention de la Garde républicaine, escadrons de gendarmerie mobile, GIGN, forces aériennes de gendarmerie, équipes cynophiles Rexpemo appuyées par le peloton d'intervention de la Garde républicaine), les unités du Groupement de gendarmerie départementale du Jura (GGD 39), placées sous le commandement du colonel Frédéric Huguet, commandant le GGD, se sont largement mobilisées pour remplir la mission.

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Une manœuvre dimensionnée

Pour le GGD 39, la préparation du passage du Tour de France a débuté dès le mois d’octobre 2021, une fois le tracé de la course transmis. « L’étape a traversé l’ensemble du département et a impacté les trois compagnies du GGD : celle de Dole, celle de Saint-Claude et celle de Lons-le-Saunier, explique le lieutenant-colonel Thierry Drouard, officier adjoint au commandant. Toutes les unités ont alors été mobilisées. » Cet engagement a été renforcé par de nombreux réservistes du GGD 39, une compagnie d’élèves gendarmes de l’école de Dijon et un escadron de gendarmerie mobile, celui de Villeneuve-d’Ascq, détaché pour la sécurisation du Tour durant trois semaines, sans oublier les motocyclistes de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR) en renfort de l’escadron motocycliste de la Garde républicaine sur l’itinéraire. Au total, ce sont donc plus de 300 gendarmes, à la main du colonel Huguet, qui ont assuré la sécurité de l’étape.

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Le nombre de militaires engagés a été déterminé après une analyse minutieuse du terrain, menée par le GGD 39. « Nous avons d’abord demandé aux compagnies de faire une reconnaissance des axes du parcours et de proposer des postes à tenir. Nous sommes ensuite allés sur les lieux pour les confirmer ou ajuster le dispositif, précise le lieutenant-colonel Drouard. Puis, avec le commandant de l’EDSR, nous avons déterminé les points de cisaillement, c’est-à-dire les endroits où est autorisé le franchissement de l’itinéraire de course par la gendarmerie et le service départemental d’incendie et de secours. » Ces points ont ensuite été validés par l’organisateur du Tour, Amaury Sport Organisation (ASO). Hormis ces derniers, il est important que le dispositif soit entièrement hermétique durant toute l’étape.

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Coopération franco-suisse

Cette 8e étape présentait également une particularité : sa dimension transfrontalière. Les 79 derniers kilomètres ont en effet été effectués en Suisse. Pour construire sa manœuvre, le GGD 39 a pris en compte cet aspect et a travaillé en coopération avec les forces de police suisses. Dès le départ, douze motocyclistes de la police suisse ont été intégrés au dispositif comme observateurs, avant de prendre le relais sur leur territoire. Avant le grand jour, ils ont alors bénéficié d’une reconnaissance de l’itinéraire, avec les motocyclistes de l’EDSR.

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Jour J

Le jour J, les gendarmes départementaux, d’active et de réserve, les gendarmes mobiles et les élèves gendarmes sont en place dès le milieu de matinée. Au village départ, à Dole, le commandant de groupement rejoint le lieutenant-colonel Scherer, pour la réunion de sécurité qui se tient quotidiennement avant le départ de l’étape. C’est ce dernier qui fera ensuite l’interface entre les organisateurs et le GGD. Durant toute la course, le colonel Huguet se tiendra quant à lui au Poste de commandement opérationnel (PCO), au côté de tous les services impliqués dans la manœuvre, afin de s’assurer du bon déroulement de la course, en lien avec le Centre de coordination du Tour de France (CCTDF). Au sein de ce dernier, établi à Lausanne, un officier du groupement est également présent. Quelques minutes avant le « Top départ », les militaires de l’EDSR procèdent à l’ouverture de la route, afin de s’assurer de la viabilité des axes. Durant toute la course, ils se tiennent par ailleurs prêts à mettre en place une déviation en cas d’incident la nécessitant. Fierté supplémentaire pour le groupement du Jura, un de ses personnels, la gendarme Oriane, de la communauté de brigades d’Arinthod, participait à la représentation gendarmerie au sein de la caravane. Elle a eu l’occasion de saluer ses camarades lors du trajet.

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Mission réussie

La préparation et la coordination de l’ensemble des services engagés ont contribué au bon déroulement de cette 8étape. Le Tour de France étant suivi par des millions de spectateurs à travers le monde entier, l’enjeu est donc important pour les différents acteurs. « Dans le Jura, la manœuvre est plutôt bien rodée, car le département a déjà accueilli plusieurs étapes. De plus, l’organisateur du Tour dispose de l’exclusivité de l’usage de l’axe, ce qui limite les surprises. Sans compter que c’est un événement festif, donc bien accepté par la population. Mais il y a toujours un risque, et notre rôle est de faire en sorte qu’aucun incident ne vienne perturber l’étape », conclut le lieutenant-colonel Drouard. Une mission réussie donc pour le GGD 39 lors de cette 8e étape Dole-Lausanne !