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Alpes-Maritimes : les gendarmes de la MPF sensibilisent les jeunes à la violence

Auteur : Capitaine Marine Rabasté - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
© SIRPA - Gend. F.Garcia

Dans les Alpes-Maritimes, la Maison de protection des familles (MPF) intervient au sein des établissements scolaires pour prévenir la violence auprès des plus jeunes. Par des méthodes innovantes, les gendarmes expliquent aux enfants les réactions à adopter face à un tel phénomène.

Confrontés à la violence, les enfants ne sont pas toujours en mesure de la considérer en tant que telle et d’adopter les bons réflexes. À travers des actions de prévention, les gendarmes de la Maison de protection des familles (MPF) des Alpes-Maritimes sensibilisent les jeunes aux différents types de violences auxquels ils peuvent être confrontés, en tant que victime mais également comme témoin. Au sein des établissements scolaires et de loisirs, ils proposent des interventions adaptées à tous les âges. L'objectif ? Donner les clés aux enfants pour réagir.

Faire comprendre la notion de « violences »

À l’école primaire, les gendarmes de la MPF interviennent au sein des classes de CM1 et de CM2. Au programme : violences scolaires et intrafamiliales. Mais avant toute chose, ils tiennent à replacer le gendarme dans son rôle de prévention, pour que le message soit par la suite bien compris.

« Notre mission, c’est de vous protéger, de protéger la famille, ainsi que d’écouter les enfants qui auraient été victimes de violences », explique simplement la Maréchale des logis-chef (MDC) Marine aux enfants, pour introduire son propos.

Dès les premières minutes, la gendarme crée un lien avec les enfants et capte leur attention. Ce n'est qu'après qu'elle commence à aborder la notion même de violences, d'abord scolaires puis intrafamiliales. « On aborde les violences scolaires afin d’amener à un questionnement collectif et individuel sur les attitudes et les comportements au sein de l’école, avant d’élargir le débat sur l’extérieur, afin d’alerter sur les comportements interdits par la loi ».

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Ce type d’intervention au sein des écoles est complexe, car il cumule deux points sensibles : le public d'une part, âgé d’à peine 10 ans, et le thème d’autre part, qui traite directement des violences au sein la sphère familiale. Mais il demeure essentiel, car l'enfant est en effet au cœur de la problématique des Violences Intra-familiales (VIF). Il grandit parfois dans un climat de violence, sans pour autant comprendre que ce n'est pas la norme. Il est ainsi victime et témoin. L'enjeu pour les gendarmes de la MPF est de bien faire passer le message, tout en veillant à ce qu'il n'y ait aucune ambiguïté, ni incompréhension.

Il faut que l’intervention ait un sens et soit utile, afin qu’ils intègrent les clés de réaction.

Une pédagogie adaptée

Afin d’être efficace, le discours est adapté aux enfants. Les interventions reposent essentiellement sur l’interaction. « Pour que l'intervention soit efficace, il faut générer le débat, que les idées viennent des enfants. C'est l'interaction qui fait que la sensibilisation est réussie. Pour s’intéresser et retenir, l'enfant doit pouvoir s'identifier à ce que l'on dit et parler de ses propres expériences », explique la MDC Marine. C'est donc d’abord aux enfants d'exprimer leur vision des choses, avant d'écouter les explications des gendarmes.

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Par ailleurs, il faut également que l'intervention reste ludique, afin de conserver l'attention des jeunes élèves. Avec l'appui de deux jeunes du service civique, étudiantes en psychologie, les gendarmes de la MPF des Alpes-Maritimes ont rivalisé d'ingéniosité afin de créer des supports adaptés au public visé. Dans les écoles primaires, ils utilisent principalement une mallette d’images aimantées, permettant d'illustrer leurs propos au fur et à mesure de l'intervention. Les couleurs, les mots, les illustrations … rien n'est laissé au hasard.

© SIRPA - Gend. F.Garcia

Au sein des centres de loisirs et des instituts médico-éducatifs, le jeu facilite la compréhension et s’adapte à l’environnement et à l’état d’esprit des jeunes. Ainsi, les gendarmes de la MPF ont développé un jeu de « Memory » pour faciliter les échanges avec les enfants.

Une action multiple de la MPF

La MPF des Alpes-Maritimes poursuit quatre enjeux majeurs : prévenir les violences, les discriminations et les risques numériques, protéger les victimes, la jeunesse et les seniors, appuyer les unités dans la réalisation d’actes techniques en lien avec les thématiques traitées et coordonner les acteurs institutionnels et associatifs.

En plus des interventions relatives à la violence, les gendarmes interviennent également dans les collèges, les lycées et les clubs sportifs, afin de sensibiliser les jeunes aux problématiques auxquelles ils peuvent avoir à faire face. La forme du discours est différente de celle utilisée dans les écoles primaires. « Là où les plus jeunes ont souvent une admiration pour les forces de l’ordre, les collégiens expriment parfois une certaine défiance. Nous devons donc bien nous positionner par rapport à eux, leur montrer qu’on se soucie d’eux et qu’il y a un respect mutuel », explique la MDC Marine.

De manière générale, ces actions sont également l’occasion pour les gendarmes de détecter d’éventuelles situations de vulnérabilité et d’établir un premier contact avec l’enseignant qui côtoie les jeunes tous les jours.