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Essonne : les gendarmes réservistes répondent présent auprès des hôpitaux

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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© GEND/SIRPA/F.GARCIA

Dans le cadre du reconfinement, alors que les services hospitaliers poursuivent leur activité dans un climat particulièrement tendu, le Groupement de gendarmerie départementale de l’Essonne (GGD 91) a mis en place des patrouilles de réservistes aux abords de ces points sensibles, côté gendarmerie mais aussi en zone police !

À la ville, ils sont respectivement ingénieur informaticien, agent de la SUGE, conducteur de bus ou encore analyste en intelligence économique. Mais aujourd’hui, ces quatre hommes ont revêtu leur uniforme de réserviste gendarmerie. Le Groupement de gendarmerie départementale de l’Essonne (GGD 91) compte ainsi 420 engagés au sein du département, tous volontaires pour venir renforcer les militaires d’active… Et ils sont effectivement les bienvenus au vu du contexte actuel !

Un large engagement de la réserve

En ces temps de crises, les missions ne manquent pas et les appels à volontaires lancés par la cellule réserve du GGD 91 se multiplient : renforts en brigade, patrouilles dans le cadre de la lutte anti-terrorisme, contrôles du respect des mesures sanitaires à travers les Détachements d’appui territorial (DAT) ou encore contrôles des mobilités avec les surveillances ferroviaires, mais aussi dans les bus, dans le cadre de la convention signée avec Île-de-France Mobilités.

Plus récemment, les contrôles aux frontières et dans la profondeur des territoires ont également fait l’objet de renforts, le chef de l’État souhaitant mieux lutter contre le terrorisme en agissant davantage encore contre les réseaux de criminalité organisée et l’immigration clandestine. Certains réservistes de l’Essonne devraient ainsi bientôt rejoindre la côte d’Opale pour participer à l’opération Poséidon.

Veiller sur les soignants et leurs patients

Depuis le début du mois de novembre, le GGD 91 sollicite également ses réservistes pour surveiller les points sensibles, comme les écoles, les lieux de culte, mais aussi et surtout les établissements médicaux. « Les hôpitaux sont bondés et font face à de nombreuses tensions dans ce contexte de crise. Par exemple, il y a trois jours, une infirmière a demandé à un homme venu voir son fils hospitalisé de sortir de la chambre, car il avait dépassé l’heure de visite. L’individu a alors menacé de mort la soignante, en faisant signe qu’il allait lui trancher la gorge ! », relate le chef d’escadron François Devoucoux, officier adjoint commandement du groupement.

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Pour rassurer le monde hospitalier face à la double crise terroriste et sanitaire, des Détachements de surveillance et d’intervention réservistes (DSIR) ont été mis en place. Ils permettent de veiller sur une huitaine de centres hospitaliers, définis en lien avec la préfecture et l’Agence régionale de santé (ARS). Chacun armé de quatre réservistes, dont un officier ou un gradé, deux DSIR patrouillent quotidiennement, toute la journée et de façon autonome, aux abords des établissements médicaux. Les détachements sont ainsi en mesure d’intervenir rapidement pour faire cesser une éventuelle atteinte à l’ordre public.

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Ils prennent également contact avec les secrétariats, les urgences ou encore les vigiles lorsqu’ils existent. « Nous en profitons pour leur demander s’ils rencontrent des difficultés. C’est une manière de les encourager et de les soutenir, mais aussi de récolter de l’information. Les services d’urgence constatent que les gens sont deux fois plus agressifs en ce moment. Les personnels soignants sont donc agréablement surpris de nous voir et se disent rassurés de notre présence », remarque le chef de détachement ce jour-là.

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Mission sans frontière

Si la gendarmerie est habituée à s’engager depuis le début de l’épidémie auprès des autres services publics, la mission est ici particulière, puisqu’elle se déroule côté gendarmerie, mais aussi dans la Zone police nationale (ZPN) ! En effet, face à la situation exceptionnelle que traverse la France, le Directeur général de la gendarmerie nationale (DGGN) a souhaité appuyer le dispositif Vigipirate, en proposant aux préfets la possibilité de déployer une partie des 30 000 réservistes opérationnels de la gendarmerie hors de sa zone de compétence, pour sécuriser des lieux sensibles ou renforcer les contrôles aux frontières. « En Essonne, les zones à compétence police et gendarmerie se chevauchent, donc c’est assez simple pour nous de passer de l’une à l’autre. Nous prévenons juste le CORG (NDLR : Centre d’Opérations et de Renseignement de la Gendarmerie) par radio lorsque nous entrons en zone police, afin que les opérateurs fassent le lien avec ceux de la police nationale », explique un réserviste de la patrouille.

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Pas de problème non plus pour les soignants, qui sont invités quoi qu’il en soit à faire le 17 en cas de besoin, l’appel étant automatiquement rebasculé vers le service compétent. « Lorsque nous sommes en ZPN, nous pouvons intervenir en renfort de la police si elle a été sollicitée, mais aussi en primo-intervenants si nous constatons directement une infraction. Dans ce dernier cas, les policiers prennent ensuite en compte la procédure, restant seuls compétents judiciairement sur la zone », décrit le réserviste.

Cette mission de protection devrait se poursuivre jusqu’à l’assouplissement du confinement, les réservistes étant appelés ensuite à surveiller les commerces qui devraient connaître un afflux certain en vue des fêtes de fin d’année !