Immersion

La gendarmerie sécurise le départ du Vendée Globe – épisode 1/2

Auteur : la capitaine Marine Rabasté - publié le
Temps de lecture: ≃6 min.
© Gend F. Garcia

À l’occasion du départ de la neuvième édition du Vendée Globe, la gendarmerie nationale a conduit une manœuvre d’ampleur en trois dimensions afin d’assurer la sécurisation de la zone et le bon déroulé de la manifestation. Focus sur les parties terrestre et aérienne du dispositif.

La Vendée regorge de trésors. On ne peut s’y aventurer sans goûter les nombreuses spécialités gastronomiques, flâner le long de la côte ou faire un détour par le célèbre parc médiéval du Puy du Fou. Mais tous les quatre ans, c’est aux Sables d’Olonne qu’il faut impérativement se rendre pour apercevoir les dizaines d’IMOCA quitter le port et se lancer dans une course en solitaire de plusieurs semaines, le mythique Vendée Globe.

Cette année, cet événement avait pourtant un goût particulier ! Privé de ses centaines de milliers de spectateurs, le port était bien calme ce dimanche 8 novembre, seuls quelques privilégiés ayant pu observer, depuis leur balcon, le ballet des embarcations voguant vers le large. La situation sanitaire aura eu raison de la volonté des organisateurs de maintenir les festivités, même à fréquentation réduite. Mais malgré ces mesures, la présence de la gendarmerie a été maintenue, huis clos ne signifiant pas absence de menaces, tant sanitaires que sécuritaires. C’est ainsi que, dimanche 8 novembre, les forces terrestres et aériennes se sont déployées dès 6 heures afin d’assurer la sécurisation jusqu’au « Top » de départ.

Des moyens terrestres adaptés à la situation

Même à huis clos donc, le Vendée Globe demeure un événement d’ampleur, qui suscite l’intérêt de tous, passionnés comme non-initiés. Les risques pesant sur la manifestation étaient donc multiples. Aux menaces traditionnelles s’ajoutait cette année le risque sanitaire. La mise en place d’un dispositif terrestre de sécurisation était donc malgré tout essentielle. « Pour qu’aucun événement ne vienne troubler la tranquillité du port des Sables d’Olonne, il était nécessaire de sécuriser la ville et donc de tenir les points stratégiques autour de celle-ci », explique le chef d’escadron (CEN) Jérémie Prod’homme, commandant la compagnie des Sables d’Olonne.

Dès 6 heures, les militaires de la compagnie, de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR), de la réserve du GGD 85 et de l’escadron de gendarmerie mobile de Luçon se sont donc déployés sur le terrain, afin de contrôler les flux, veiller au strict respect des mesures de confinement et être en mesure de faire face à d’éventuels troubles à l’ordre public.

De Saint-Gilles-Croix-de-Vie à Port-Bourgenay, des postes de contrôle armés par des gendarmes d’active et de réserve ont été mis en place afin de procéder au contrôle des flux et de renseigner. En parallèle, les militaires de la gendarmerie mobile et du Peloton de surveillance et d’intervention (PSIG) ont effectué une surveillance dynamique de l’ensemble de la zone.

Dès 6 h, à la brigade, les militaires se préparent pour leur mission de sécurisation de zoneDès 6 h, à la brigade, les militaires se préparent pour leur mission de sécurisation de zone

Dès 6 h, à la brigade, les militaires se préparent pour leur mission de sécurisation de zone.

© Gend F. Garcia

Au total, près d’une centaine de militaires se sont partagé cette mission, couronnée de succès. « Tout s’est bien déroulé. La réussite de la manœuvre repose essentiellement sur la discipline dont a fait preuve la population, mais notre dispositif était également dimensionné pour faire face aux événements susceptibles de troubler le bon déroulé de la manifestation », se félicite le commandant de compagnie. La manœuvre n’était pourtant pas aisée, car il était difficile de se projeter face à cette organisation inédite. Le CEN Jérémie Prod’homme est d’ailleurs agréablement surpris, car les militaires s’attendaient réellement à ce que la population tente de se rendre au port des Sables d’Olonne.

La surveillance aérienne

Depuis quelques années, la problématique des drones est systématiquement prise en compte sur l’ensemble des grands événements. Dimanche, la mission d’observation et de neutralisation était confiée à un trinôme de la Section de protection appui drone (SPAD) du 2e régiment d’infanterie de la garde républicaine, venue de Paris pour l’occasion. Positionnés sur le chenal du port des Sables d’Olonne à compter de 6 h 45, les militaires ont assuré la sécurité aérienne au-dessus de la zone d’accès au large empruntée par les skippers. Là aussi, le bilan de la mission est positif, aucun drone n’ayant été détecté.

Sur le chenal, la SPAD veille à ce qu'aucun drone ne survole la zoneSur le chenal, la SPAD veille à ce qu'aucun drone ne survole la zone

Sur le chenal, la SPAD veille à ce qu'aucun drone ne survole la zone

© Gend F. Garcia

Parallèlement, deux militaires du Détachement aérien de la gendarmerie (DAG) de Saint-Nazaire ont occupé physiquement l’espace aérien, à l’aide de leur hélicoptère Écureuil. Malgré le brouillard qui s’est abattu sur le site durant quelques heures, empêchant toute visibilité, ils ont pu remplir leur mission. L'équipage a constitué un élément de sécurisation du dispositif terrestre et d’appui des militaires au sol, au profit du GGD 85. Il a ensuite appuyé la Brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA) de Nantes pour assurer le contrôle des hauteurs de vol et le respect de la réglementation aérienne par les professionnels en vol lors de l’événement.

De leur hélicoptère, les militaires du DAG peuvent surveiller l'ensemble de la zone de départDe leur hélicoptère, les militaires du DAG peuvent surveiller l'ensemble de la zone de départ

De leur hélicoptère, les militaires du DAG peuvent surveiller l'ensemble de la zone de départ

© DAG Saint-Nazaire

Le poste de commandement opérationnel

À la différence des navigateurs, ce n’est pas une course solitaire qu’a menée la gendarmerie pour le Vendée Globe. Pendant plusieurs semaines, et particulièrement le jour J, les différentes composantes de l’Institution et les services des autres administrations ont travaillé de concert pour que la manifestation se déroule sous les meilleurs auspices. « La préparation du Vendée Globe débute dès l’année précédente », précise le colonel Véronique Sandahl, commandant le GGD 85. L’engagement de moyens relevant d’administrations diverses nécessite en effet une coordination précise pour être efficace. Le jour du départ, celle-ci était réalisée au sein du Poste de commandement opérationnel (PCO) inter-ministériel et inter-service, situé au congrès des Atlantes. Regroupant l’ensemble des représentants des entités participant à la sécurisation du dispositif (préfecture, gendarmerie, police, pompiers et sécurité civile), celui-ci a piloté l’ensemble de la manœuvre, dans son volet terrestre comme maritime.

Au PCO, les responsables du dispositif ont une vision sur l'ensemble de la manoeuvreAu PCO, les responsables du dispositif ont une vision sur l'ensemble de la manoeuvre

Au PCO, les responsables du dispositif ont une vision sur l'ensemble de la manoeuvre

© Préfecture 85

En communication radio constante avec cet organe de commandement, les commandants des différentes unités étaient alors en mesure de renseigner sur tout événement susceptible de venir troubler l’ordre. En cas d’incident, la hauteur de vue des membres du PCO et leur positionnement au sein d’un même lieu auraient en effet permis de réorganiser les forces et de réadapter l’ensemble du dispositif de sécurisation et de secours.


© ADC Jean-Félix Jounel

Toute la journée, les forces terrestres et aériennes de gendarmerie ont ainsi assuré la sécurisation de l’ensemble du territoire avec efficacité, aucun trouble n’étant venu perturber ce neuvième départ du Vendée Globe. Mais elles n’ont constitué qu’une partie de la manœuvre. Manifestation nautique oblige, un vaste dispositif maritime, mobilisant de multiples embarcations était également mis en place.

 

La suite au prochain épisode…