Immersion

Le traxter, un véhicule tout-terrain pour intervenir jusqu’aux sommets

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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© GEND/SIRPA/F.GARCIA

VTT, quad, moto… Depuis déjà plusieurs années, la gendarmerie n’hésite pas à fournir à ses militaires des moyens adaptés aux territoires. Nichée au cœur des Alpes, la brigade de Montriond (74) est ainsi la seule en France à bénéficier d’un véhicule peu commun : le Traxter.

Couvrant 95 % du territoire national, la gendarmerie se doit d’être équipée tout terrain pour pouvoir # répondre présent partout et à tout instant auprès de la population. Perchée au milieu des pistes de ski les plus réputées, la brigade de Montriond assure la sécurité d’une surface de 85 000 hectares, frontalière avec la Suisse, avec une altitude pouvant aller de 877 à 2471 mètres. Si 7500 habitants y résident à l’année, il faut multiplier par dix la fréquentation de ce territoire durant les saisons touristiques. Aussi, cela fait bientôt trois ans que l’unité est équipée d’un véhicule atypique : le Traxter, à ne pas confondre avec un tracteur !

À l’épreuve du dénivelé

Au départ loué par la gendarmerie, l’engin s’est vite révélé salutaire pour les militaires, qui ont pu accéder plus facilement aux différents lieux d’intervention. « L’unité avait déjà testé différents véhicules auparavant, comme une chenillette, une motoneige ou encore un quad, mais le Traxter reste l’idéal ! Il permet d’embarquer jusqu’à trois personnels, ainsi que du matériel dans le coffre. L’été, nous pouvons nous déplacer jusqu’à 63 km/h avec ses quatre roues motrices, et l’hiver nous continuons d’accéder aux terrains les plus escarpés en l’équipant de chenilles », apprécie le major Guillaume C., à la tête de l’unité.

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La gendarmerie a donc choisi d’investir 27 000 € pour équiper définitivement la brigade de ce petit bijou ! Après un passage à l’atelier du groupement de Haute Savoie, pour le sérigraphier et l’équiper d’un gyrophare, le voici depuis deux ans aux couleurs de la gendarmerie. La prise en main est assez simple et, après seulement 20 minutes de conduite à l’épreuve du dénivelé, les gendarmes nouvellement affectés se voient rapidement décerner le « permis de conduire le Traxter » du commandant de brigade.

Du secours en cas d’accident à la préservation de l’environnement

Grâce à ce mini char, les militaires de l’unité peuvent intervenir rapidement sur les nombreux accidents de ski l’hiver et de VTT l’été, mais aussi sur les rixes et les Ivresses publiques manifestes (IPM), lorsque la température est au plus bas et que les esprits s’échauffent en station ! Si cette nature préservée incite à pratiquer des activités de plein air, le Traxter permet également de vérifier qu’elles se déroulent en toute sécurité et dans le respect de la réglementation. « Il y a deux ans, un VTTiste anglais a été tué dans un accident de chasse. Depuis nous multiplions les contrôles en la matière, notamment en réclamant les documents nécessaires à la chasse en haute montagne : un permis national, une attestation du département et une assurance. Nous patrouillons également en Traxter, en embarquant parfois le garde forestier ou le garde champêtre, pour prévenir les accidents, car beaucoup de sportifs empruntent des pistes sans respecter forcément les arrêtés préfectoraux ». Même chose autour du lac de Montriond, troisième plus grand lac du département, où les gendarmes assurent la police de la pêche à bord de leur engin.

Tandis que le réchauffement climatique provoque déjà de graves conséquences au beau milieu des sommets des Alpes, ce véhicule s’inscrit aussi dans la volonté des autorités locales de protéger l’environnement. « La station d’Avoriaz est devenue 100 % piétonne, et de nombreux axes sont barrés en hiver. Donc le Traxter permet aussi de respecter ce nouveau visage du territoire, et de faciliter le contact en attisant la curiosité des gens », remarque le commandant de brigade.

Parmi les paysages grandioses du secteur, certains sites sont aussi inventoriés Natura 2000. Les patrouilles en Traxter permettent à ce titre de préserver ces pépites, en luttant notamment contre les feux de forêt, le camping sauvage ou encore le pillage des cèpes et des myrtilles à l’origine de véritables trafics dans la région.

Et même lorsque l’engin rentre au garage, les gendarmes conservent l’esprit écologique en s’occupant de leurs trois poules, les mascottes de la caserne !

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