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Montluçon : quand le cercle mixte s’adapte au temps du coronavirus

Auteur : la capitaine Sophie Bernard - publié le
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© GEND/SIRPA/F.GARCIA

Si l’épidémie de COVID-19 a eu un lourd impact sur la restauration et les commerces « non-essentiels » en France, elle a également eu d’importantes répercussions sur l’activité des cercles mixtes de la gendarmerie. Exemple avec celui de l’école de Montluçon.

Avec une cinquantaine de personnels répartis dans treize services différents, sept activités proposées et une capacité d’accueil de onze compagnies, soit 1 314 élèves, le cercle mixte de l’école de gendarmerie de Montluçon est le plus grand de l’Institution.

Mais avec la survenue de l’épidémie de COVID, il y a tout juste un an, le major Christophe C., à la tête de cette imposante structure, a dû revoir son fonctionnement.

La prise en compte des mesures sanitaires strictes

Représentant trois quarts du chiffre d’affaires en temps normal, la restauration s’avère l’une des principales activités du cercle mixte. Mais si les mesures sanitaires permettent aux établissements de restauration collective de poursuivre leur activité, il a néanmoins fallu s’adapter. Là où le cercle produisait jusqu’à 570 000 repas en 2017 et absorbait une compagnie toutes les 8 minutes, ses prétentions ont été revues à la baisse. Pour respecter les règles de distanciation sociale, avec une installation en quinconce, la capacité des salles à manger a été divisée par deux, soit 360 places pour nourrir quotidiennement six compagnies. Entre la désinfection des mains à l’entrée et à la sortie, mais aussi la distance à respecter lors du passage des élèves, quinze minutes sont désormais nécessaires pour absorber une compagnie. Il a donc fallu revoir l’amplitude horaire des personnels à la hausse, d’autant qu’il faut procéder à la désinfection des salles après chaque repas. Les buffets en self-service ont aussi été remplacés par des entrées à l’assiette, nécessitant davantage de préparation en amont.

L’épidémie a également eu un lourd impact financier sur cette activité, privant le cercle d’une partie de sa clientèle, puisque les policiers et les militaires des autres armées, venant habituellement s’y restaurer sous convention, ne peuvent plus y être accueillis. De même, la salle de détente attenante aux salles de restauration, permettant habituellement de consommer, mais aussi de profiter de différents loisirs (presse, jeux, connexion Internet, mais aussi concerts), a dû fermer ses portes. Un manque à gagner important pour le cercle, qui a enregistré une perte de 90 000 euros de chiffre d’affaires.

Des services répondant aux besoins durant le confinement

D’autres services proposés par le cercle mixte ont, au contraire, vu leur activité s’accroître, avec parfois une surcharge pour les équipes, notamment durant le confinement, où les élèves ne quittaient plus l’école le week-end. Géré par le cercle, le comptoir des ventes s’est adapté à ces conditions particulières. Tenu de fermer ses portes, il a mis en place un service de click and collect à disposition des élèves. Proposant déjà divers produits suivant le fil de leur formation (tenues, accessoires, produits de première nécessité, souvenirs, etc.), avec des réductions proposées en cas d’achats groupés, il a diversifié son offre, en tenant compte de leurs besoins durant cette période. Face aux risques de contamination, les cadres ont également incité les élèves à investir dans des équipements de protection individuels.

© GEND/SIRPA/F.GARCIA

Le salon de coiffure a également été particulièrement sollicité durant le confinement. S’adaptant à la bourse des jeunes recrues, avec des prestations à moindre coût, il s’est plié à leurs contraintes horaires, en ouvrant en décalé (midi et soir), ainsi que durant le week-end. Enfin, les élèves ne pouvant plus ramener leur fameux sac de linge sale chez leurs parents, les trois pôles de laverie automatique mis en place par le cercle en 2009, avec trente machines à laver et trente sèche-linges au total, ont été particulièrement appréciés.

Des projets ralentis par l’épidémie

Si la majorité des activités ont adapté leur fonctionnement afin de poursuivre malgré la crise sanitaire, certaines initiatives du cercle ont été considérablement ralenties. C’est le cas de la construction du nouvel hôtel au sein de l’école, projet entièrement géré et financé par le cercle mixte. Après avoir embauché une architecte et un assistant de maîtrise d’ouvrage pour concevoir les plans, le cercle a lancé un appel d’offres et le chantier a pu débuter en juillet 2019. Le confinement est néanmoins venu l’interrompre durant le premier semestre 2020, reportant son ouverture à l’automne dernier. Baptisé Major Philippe Coutelot, en mémoire de l’ancien directeur du cercle mixte de Rochefort, le bâtiment compte treize chambres et un large espace pour le comptoir des ventes. Son inauguration ayant dû être reportée en raison de la COVID, le major Christophe C. compte sur son référencement sur le site e-hôtel pour attirer un maximum de clients.

© GEND/SIRPA/F.GARCIA

Fin janvier 2020, le cercle avait également adhéré à l’association des cuisiniers de la République, créée par le chef Guillaume Gomez pour rapprocher la haute gastronomie de la cuisine collective. Après avoir reçu leurs tenues des mains du chef du Palais de l’Élysée, les 22 cuisiniers du cercle avaient pour projet d’échanger avec le chef étoilé Olivier Valade, officiant au château Saint-Jean, à Montluçon. Malheureusement, là encore, leurs aspirations ont été mises en suspens du fait de l’épidémie. Mais les toques blanches du cercle réfléchissent déjà à un menu gastronomique en lien avec le chef Valade.