Immersion

Rétablissement de l’ordre : la gendarmerie expérimente des équipes liaison information

Auteur : le capitaine Jérôme Tabaries, officier communication de la région de gendarmerie des Hauts-de-France - publié le
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Les ELI peuvent servir de point d'appui pour les médias.
© CNE J. Tabaries - RG Hauts-de-France

Confrontée à des manifestations de plus en plus violentes, la gendarmerie expérimente l’intégration d’Équipes de liaison et d’information (ELI) aux côtés des escadrons de gendarmerie mobile engagés au maintien de l’ordre. Les premiers exercices ont eu lieu au Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier.

Dialoguer, prévenir, expliquer, telles sont, en substance, les missions des Équipes de liaison et d’information (ELI), que la gendarmerie expérimente actuellement dans le cadre des missions de Maintien de l’ordre (M.O.). Distinctes du dispositif de maintien de l’ordre, elles sont engagées dès la phase de préparation des opérations, jusqu’au retour d’expérience, afin de maintenir le dialogue entre forces de l’ordre et manifestants. Ce « continuum de communication » constitue la base de la démarche des ELI.

Un des membres de l'ELI, au contact des manifestants.

© CNE J. Tabaries

Un dispositif expérimental

Fruit du schéma national du maintien de l’ordre, les ELI, dans leur format actuel, ont fait l’objet de deux exercices expérimentaux auprès des escadrons de gendarmerie mobile déplacés au Centre national d’entraînement des forces de gendarmerie de Saint-Astier.

Dans le cadre de l’expérimentation, ces équipes sont constituées de trois militaires, dont un gendarme départemental local (élément territorial), un communiquant (élément communication) et un gendarme mobile, en mesure de comprendre la manœuvre des escadrons. Autonomes, elles se distinguent des troupes de maintien de l’ordre, notamment par le port de la tenue de service courant, bénéficiant ainsi de l’aura de la gendarmerie départementale auprès de la population, véritable atout dans la recherche du dialogue.

Les membres de l'ELI assistent à l'ordre initial du Groupement tactique de gendarmerie mobile.

© CNE J. Tabaries - R.G. Hauts-de-France

Un engagement dans toutes les phases du M.O.

En amont des opérations de M.O., les ELI, parfaitement au fait du contexte, sont chargées de prendre contact avec les manifestants et d’entamer des négociations. Devant faire preuve d’une totale transparence, elles renseignent le directeur du service d’ordre, en termes d’ambiance et d’intentions des protagonistes, mais informent également les manifestants sur les conditions de la manifestation, en précisant notamment le cadre légal, les zones interdites à la manifestation et les risques encourus en cas d’affrontement.

Avec les équipes de liaison et d’information, la communication fait partie intégrante de la manœuvre opérationnelle et participe au succès global de l’opération. »

Capitaine Jérôme Tabaries, officier communication

Pendant la phase de M.O., les membres de l’ELI maintiennent un contact avec les manifestants. Ils recherchent les interlocuteurs susceptibles de raisonner, afin de diminuer le niveau de tension. Au besoin, même si la situation dégénère, le contact est maintenu à l’aide d’un mégaphone, afin de continuer à informer les personnes présentes sur la manœuvre des forces mobiles, les itinéraires de dispersion, et, si possible, de désolidariser la foule de l’action des casseurs.

L'ELI en action de dialogue avant la réduction du barrage.

© CNE J. Tabaries - R.G. Hauts-de-France

Par ailleurs, l’ELI participe à la contre-communication en cours d’action, notamment sur les réseaux sociaux, en dénonçant les fake news et les rumeurs.

Mais la mission des ELI ne s’arrête pas là. En effet, a posteriori, elles participent au retour d’expérience et à la remontée du renseignement au profit de la chaîne renseignement de la gendarmerie.