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Savoie : des gendarmes mobiles déployés pour lutter contre l’immigration irrégulière et clandestine

Auteur : la capitaine Marine Rabasté - publié le
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© SIRPA/Gend F. Garcia

Face à la crise sécuritaire actuelle, le président de la République, Emmanuel Macron, a annoncé, début novembre, le renforcement de la protection du territoire. Dans ce cadre, un escadron de gendarmerie mobile a été déployé en Savoie, afin de lutter contre l’immigration irrégulière et clandestine.

Destination finale ou seulement pays de transit, nombreux sont les individus entrant et circulant irrégulièrement sur le sol national. Mais derrière ces mouvements de personnes se cache une véritable délinquance organisée, allant de la fourniture de faux documents d’identité au trafic d’êtres humains, en passant par le travail illégal, le tout susceptible d’alimenter d’autres organisations. Volet majeur de la politique française de maîtrise des flux migratoires, la Lutte contre l’immigration irrégulière et clandestine (LIIC) constitue un enjeu essentiel, afin de prévenir toute menace grave à l’ordre public. Le renforcement des contrôles aux frontières participe alors pleinement à la protection du territoire souhaitée par le président de la République après les récentes attaques terroristes.

Début novembre, la gendarmerie nationale a donc déployé un nombre important de forces sur l'ensemble de sa zone de compétence, notamment dans les secteurs transfrontaliers, où l'opération LIMÈS mobilisent entre autres 1 500 réservistes, organisés en compagnies de réserve territoriales de circonstance.

Au sein du groupement de gendarmerie départementale de Savoie (GGD 73), situé en premier rideau en matière de flux migratoires, c’est un Escadron de gendarmerie mobile (EGM) qui a été mis à disposition pour renforcer la protection du territoire, au côté des gendarmes départementaux et des réservistes du groupement.

Le contrôle de la profondeur du territoire

Arrivés mi-novembre dans le pays savoyard pour relever l’EGM d’Aurillac, les soixante gendarmes mobiles de Decize n'ont guère eu le temps de profiter de ce décor de carte postale. Depuis la fermeture du col du Mont-Cenis, où ils effectuaient régulièrement des patrouilles à la frontière, en coordination avec la Police aux frontières (PAF), les militaires sont exclusivement employés au contrôle du territoire dans la profondeur.

Affichant une présence constante aux barrières de péage qui ceinturent les vallées de la Maurienne et de la Tarentaise, ils contrôlent les flux migratoires sur les axes principaux.

© SIRPA/Gend.F.Garcia

Sur place, une dizaine de gendarmes mobiles se déploient ainsi à chaque sortie de péage, de jour comme de nuit. Vêtus de noir et équipés d’armes longues d’appui, ils dissuadent les délinquants, c’est certain ! Cela est toutefois susceptible d’engendrer un déport des flux migratoires sur les axes secondaires. Pour y faire face, les militaires effectuent également, en lien avec les brigades territoriales et les unités de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR), des services quotidiens dans les vallées, alternant prévention de proximité et contrôles sur les différents axes de circulation. Leur action, complémentaire de celle exercée directement aux frontières, est nécessaire et efficace. Depuis leur arrivée, plusieurs Étrangers en situation irrégulière (ESI) ont été contrôlés, témoignant de l’importance des flux migratoires clandestins sur le département. De plus, la présence des gendarmes mobiles permet également de dissuader et de réprimer toute autre forme d’infractions, notamment celles liées aux mesures de lutte contre la propagation du virus et celles au Code de la route.

Une mission LIIC coordonnée à la frontière nord-italienne

Plus au sud, le département des Hautes-Alpes bénéficie également de la présence de soixante gendarmes mobiles, déployés directement à la frontière, au col de Montgenèvre. Dans un souci de logique géographique, l'ensemble de la manœuvre sur les deux départements est coordonné par un Groupement tactique de gendarmerie (GTG). Basé à Chambéry, celui-ci veille à la cohérence de la lutte contre l'immigration irrégulière et clandestine à la frontière nord-italienne, indépendamment de la région zonale d'appartenance. Chaque jour, le GTG procède également à une analyse de la situation, échange avec les différents acteurs de la protection du territoire, tels que le commandant de groupement de gendarmerie départementale et les directeurs départementaux de la PAF, pour que son dispositif soit adapté et l’ajuster au besoin. Afin d’être efficace, la manœuvre se doit, en effet, d’être évolutive et en phase avec l’action des autres services de l’État en matière de contrôles aux frontières.