Immersion

Savoie : la coordination des forces dans le renforcement de la protection du territoire

Auteur : la capitaine Marine Rabasté - publié le
Temps de lecture: ≃5 min.
© SIRPA/Gend F. Garcia

Dans le cadre du renforcement de la protection du territoire, un dispositif d'ampleur associant la gendarmerie, la police aux frontières et les douanes a été mis en place à la barrière de péage de Saint-Michel-de-Maurienne, mardi 24 novembre 2020. Au total, une vingtaine de personnels étaient présents pendant toute la matinée afin de lutter contre l'immigration irrégulière et clandestine et les trafics illicites.

Dans la Maurienne, en Savoie, les montagnes s’étendent à perte de vue. Des lacets de Montvernier aux fortifications de la barrière de l’Esseillon, en passant par la visite du musée Opinel ou encore la dégustation de Beaufort, la vallée regorge de richesses appréciées des touristes comme des locaux. Si pour certains, le voyage est l’occasion de découvrir ce patrimoine, pour d’autres, en provenance de l’Italie, il ne s’agit que d’une zone de passage pour rejoindre d’autres points du territoire national. Le renforcement des contrôles aux frontières, annoncé par Emmanuel Macron, le 5 novembre dernier, a impliqué l’intensification des dispositifs idoines dans la vallée. Pour se déplacer de l’Italie à la Savoie, quatre points de passage sont autorisés : le tunnel du Fréjus, les cols du Mont-Cenis et du Petit Saint-Bernard et la voie ferroviaire. Depuis mi-novembre, la fermeture des deux cols a toutefois permis de recentrer les forces en présence. Située en aval du tunnel du Fréjus, contrôlé par la Police aux frontières (PAF) de Modane, la barrière de péage de Saint-Michel-de-Maurienne constitue un point stratégique : tous ceux souhaitant accéder au département de la Savoie et remonter vers les grosses agglomérations de la région passent par là. Des contrôles y sont donc fréquemment organisés. Certains jours, la gendarmerie, la PAF et les douanes s’unissent pour une opération coordonnée d’envergure. Focus sur ce dispositif de protection du territoire.

© SIRPA/Gend F. Garcia

Un contrôle inter-administrations

Dès 9 heures, à la barrière de péage, gendarmes de l’Escadron départemental de sécurité routière (EDSR), douaniers et policiers aux frontières se mettent en place. Un militaire du Centre de coopération policière et douanière de Modane est également présent sur place pour appuyer les forces de contrôle et faciliter les échanges avec le centre, qui regroupe des agents français et italiens. En tout, une vingtaine d’agents et de militaires vont, durant trois heures, contrôler les flux de circulation susceptibles de provenir d’Italie. Leur mission ? Lutter contre l’immigration irrégulière et clandestine.

© SIRPA/Gend F. Garcia
© SIRPA/Gend F. Garcia

Placée sous l’autorité du préfet de Savoie, celle-ci est prioritaire pour endiguer les flux migratoires. Dans la vallée de la Maurienne, l’ensemble des forces est ainsi mobilisé en continu. En amont du tunnel du Fréjus, sur le territoire italien, une première zone de contrôle est mise en place par la PAF, à travers le Bureau à contrôles nationaux juxtaposés (BCNJ). À ce stade, pas de procédure pour situation irrégulière, mais une non-admission sur le sol national. La PAF en a réalisé environ 4 000 depuis le début de l’année 2020.

Les militaires de la gendarmerie sont, quant à eux, essentiellement mobilisés dans la profondeur : vallées, axes structurants, gares routières et SNCF font l’objet d’une surveillance quotidienne accrue. Même lors des contrôles de niveaux différents, la coopération entre les services demeure ; les gendarmes entretenant des contacts étroits et réguliers avec la PAF, que ce soit pour l’accès à des fichiers particuliers ou simplement pour avoir des conseils techniques sur la gestion des ESI.

© SIRPA/Gend F. Garcia
© SIRPA/Gend F. Garcia

Sur le contrôle, les douaniers s’affairent. Poids lourds, véhicules légers, rien n’échappe à leur radar. Leurs recherches ne portent pas sur les Étrangers en situation irrégulière (ESI) mais plutôt sur les trafics illégaux : stupéfiants, contrefaçons, cigarettes… Présents sur la même opération que la gendarmerie et la police, ils ne peuvent toutefois pas contrôler simultanément un même véhicule qu’eux. Ils doivent en effet inspecter l’intérieur des véhicules en amont ou en aval de la vérification des forces de sécurité intérieure, afin d’en examiner minutieusement les chargements.

© SIRPA/Gend F. Garcia
© SIRPA/Gend F. Garcia

Le laboratoire mobile d’analyse documentaire

Ce jour-là, sur site, la PAF a dépêché un véhicule blanc bien particulier : le laboratoire mobile d’analyse documentaire. Équipé du matériel nécessaire à la lecture des titres de circulation, il constitue un outil essentiel pour les forces déployées sur le terrain, permettant un gain de temps dans le processus de vérification. Trois niveaux de détection sont en effet possibles. Le premier est à l’œil nu, par tous les agents de contrôle, en auscultant la bande MRZ et en contrôlant la cohérence des informations. Il va sans dire qu’il faut, malgré tout, être un peu rodé à l’exercice ! Le deuxième est réalisé à l’aide d’un outil, de type loupe avec U.V. et lumière rasante, qui permet d’observer le fond d’impression du titre.

© SIRPA/Gend F. Garcia

Enfin, le troisième niveau demande le recours à des matériels spécifiques que contient justement le laboratoire mobile d’analyse documentaire. À l’intérieur, deux ordinateurs, une borne pour lire les empreintes et plusieurs machines permettant de vérifier les titres de circulation. L’accès aux différents fichiers est alors immédiat et les enquêteurs peuvent directement savoir si l’individu contrôlé a une demande de titre de séjour en cours ou encore s’il est recherché.

© SIRPA/Gend F. Garcia

Une action essentielle

La présence des forces de l’ordre sur le territoire est essentielle afin d’en renforcer la protection. Depuis un mois, quasiment un ESI par jour a été contrôlé sur les axes du département, témoignant de l’efficacité du dispositif. Cette action contribue également à lutter contre toutes les formes de délinquance et contre la propagation du virus. Par leur engagement, les militaires du groupement de gendarmerie de Savoie répondent donc présent auprès de la population et veillent à sa sécurité, en tout point du territoire.