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Vendée : la communauté de brigades de Luçon sur tous les fronts face à la crise

Auteur : la capitaine Marine Rabasté - publié le
Temps de lecture: ≃4 min.
© Gend F. Garcia

Depuis plusieurs mois, les gendarmes de Luçon se mobilisent dans la lutte contre la propagation de la Covid-19. Ces dernières semaines, s’est également ajoutée l’intensification de la lutte contre le terrorisme. Entre contact, prévention et protection, les militaires sont sur tous les fronts.

Parmi les 10 000 habitants de la commune de Luçon, se trouvent les 29 gendarmes composant la Communauté de brigades (CoB). Chaque jour, ils veillent à la sécurité des Luçonnais et des populations alentours. Depuis plusieurs mois, les militaires sont par ailleurs fortement engagés dans la lutte contre la propagation du coronavirus. Attestations, port du masque, limitation des rassemblements publics… Les contrôles du respect des mesures sanitaires sont multiples. À cette situation sanitaire critique est venue s’ajouter une menace terroriste prégnante et immédiate, engendrant un besoin croissant de surveillance des lieux particulièrement exposés. À l’instar des autres unités de l’ensemble du territoire, les gendarmes de la CoB de Luçon sont donc sur tous les fronts. Pour ce deuxième samedi de confinement, une dizaine de militaires ont veillé à la sécurisation du territoire et à la protection de la population grâce à des actions ciblées et à un engagement fort.

Poursuivre l’engagement face à la crise sanitaire

Après l’annonce du reconfinement, fin octobre, les gendarmes de Luçon ont repris les contrôles des attestations de déplacement. Mais il n’est pas toujours évident d’inciter la population à rester chez elle ! « Faire respecter le confinement est plus compliqué que la première fois, estime le capitaine Pierre Dubos, commandant de la CoB. Les dérogations de sortie sont plus nombreuses, donc nous avons l’impression que la population est moins rigoureuse dans l’application des mesures restrictives de déplacement. » Du côté des militaires de la brigade, le ressenti est identique. « Chacun a son excuse pour justifier sa sortie. Néanmoins, le contact est plus facile, car ce confinement est plus souple que le premier », explique le gendarme Léa.

Ce samedi, sur la route menant à l’hypermarché, les véhicules sont en effet nombreux à circuler. La plupart des conducteurs ont leur attestation et sont donc en règle. Mais les militaires en profitent tout de même pour faire de la pédagogie et rappeler l’enjeu du confinement ainsi que la nécessité de limiter les déplacements. Les verbalisations sont rares, même si certains individus n’y échappent pas, en raison de leur comportement. C’est le cas de ce couple qui brave toutes les interdictions, en déambulant dans la rue sans masque, sans attestation et une bière à la main !

© Gend F. Garcia

Faire face à la menace terroriste

Depuis la rentrée du lundi 2 novembre, les militaires de la CoB de Luçon ont pleinement pris en compte la menace terroriste et effectuent une surveillance accrue aux abords des écoles, afin de rassurer la population et d’exercer une présence dissuasive.

Mais leur action va plus loin, car la protection des établissements passe également par la mise en place de mesures de sécurité passive. Les militaires veillent à ce que des mesures préventives contre les attentats soient effectivement mises en place par les écoles et encouragent vivement les responsables d’établissement à s’engager dans cette voie.

« Il y a encore des véhicules qui se garent aux abords directs des écoles. Or, ce n’est pas conforme au plan « Urgence attentat ». J’en parlerai dès lundi pour que les mesures soient prises et qu’une zone d’interdiction de stationnement soit mise en place », indique le capitaine Dubos à ses militaires.

À ces actions s’ajoute le renforcement de la présence aux abords des édifices religieux, également visés par plusieurs attaques terroristes ces dernières semaines. En plein cœur de Luçon, les militaires patrouillent aux alentours de la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption. Avec un œil attentif, ils s’assurent qu’aucun repérage suspect n’est effectué. Leur présence rassure la population, fortement émue par les événements récents.

© Gend F. Garcia

Être au plus proche de la population

Face à la crise sanitaire et sécuritaire actuelle, la gendarmerie se doit d’accompagner la population et les acteurs locaux, le contact étant l’un de ses fondements.

Malgré la pluie et le peu d’affluence dans les rues (confinement oblige !), les gendarmes de Luçon patrouillent dans le centre-ville, à la rencontre des rares commerçants qui ont pu demeurer ouverts. Opticiens, boulangeries, pharmacies, aucune enseigne n’est laissée pour compte. « La prise de contact est nécessaire pour pouvoir prendre la température et savoir dans quel état d’esprit se trouvent les commerçants, explique le commandant de la CoB. Pour eux aussi, comme pour nous, ce second confinement est différent du premier. Ils n’ont pas la sensation que la population est confinée, car avec les établissements scolaires restés ouverts, le centre-ville reste animé en semaine. En revanche, le week-end, cela se ressent un peu plus. »

Ces échanges avec les commerçants sont primordiaux pour les gendarmes de la CoB de Luçon, car ils leur permettent d’avoir une idée précise de la situation au sein de la commune. Sur cette base, les modes d’action peuvent être adaptés et réajustés par le commandant d’unité.

© Gend F. Garcia