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Gend’viti : la gendarmerie champenoise au service du monde viticole

Auteur : Lieutenante Floriane Hours - publié le
Temps de lecture: ≃3 min.
© SIRPA-G - GND B. LAPOINTE
En Champagne, sur la compagnie d’Épernay (Marne), c’est une toute nouvelle brigade qui vient d’être créée : la Gend’viti. Unique en France, cette brigade mobile, composée de cinq gendarmes, œuvre chaque jour, durant six semaines, pour protéger le monde viticole durant cette période de grande activité.

L’heure de la rentrée vient de sonner et avec elle, le début des vendanges. Dans le Champenois et plus particulièrement dans le secteur d’Épernay (Marne), qui concentre 66 % de l’activité viticole, depuis mi-août à jusqu'à mi-septembre, plus de 100 000 saisonniers œuvrent à la récolte des précieuses grappes. Un afflux massif de population qui coïncide chaque année avec une augmentation de la délinquance, comme l’explique le commandant de la compagnie d’Épernay, le chef d’escadron Yann Basso. « Cette période-là, qui est assez courte, concentre beaucoup de population, et sans surprise, quand il y a plus de population, il y a davantage de problématiques et plus de délinquance associée. Il y a plus d'accidents de la route, plus d’atteintes aux biens, parfois des altercations entre les vendangeurs, mais également une sensibilité particulière vis-à-vis du droit du travail. Il faut s’assurer qu’il est bien respecté, notamment sur les conditions d’hébergement. »

Prévenir, protéger, dissuader

Pour veiller au bon déroulement des vendanges, la compagnie d’Épernay, épicentre de la zone viticole, vient de mettre en place une toute nouvelle unité mobile : la brigade Gend’viti (pour gendarmerie et viticole). S’inscrivant dans le cadre du renforcement du Plan Champagne, mis en place depuis 2012, cette brigade mobile est à pied d’œuvre depuis le 15 août et le restera jusqu’au 25 septembre. Équipés de VTT électriques, particulièrement utiles pour gravir les collines champenoises et se rendre au milieu des vignes, les gendarmes qui la composent ont pour mission d’assurer une présence sur le terrain, dans le cadre de la prévention, mais pas seulement. « L’idée est d’être dissuasifs, de montrer qu’on est présents, de rassurer la population et les professionnels, pour que les vendanges se passent bien. Dans le cadre de la prévention, outre cette surveillance du territoire, il y a aussi toutes les consultations de sûreté qu’on peut être amenés à réaliser à la demande des professionnels », précise le commandant. Pour cela, la brigade comprend les fameux vélos tout-terrain électriques, mais également un bus gendarmerie. Mis à disposition par le Groupement blindé de gendarmerie mobile (GBGM) de Satory, ce véhicule arpente ainsi, depuis une semaine et pour encore quelques jours, les différentes zones viticoles. Véritable brigade mobile, il permet, grâce à un poste de commandement et aux stations Ubiquity, de recueillir des signalements, de prendre des plaintes et d'assurer une présence gendarmerie au plus près de la population.

 

© SIRPA-G - GND B. LAPOINTE

Une expertise « gendarmerie »

Les missions assurées par la brigade Gend’viti, aussi bien dans le bus que sur le terrain, lors des patrouilles à VTT électrique au milieu des vignes, sont réalisées par cinq gendarmes départementaux issus des différentes brigades du secteur et choisis pour leur expertise. « Ce sont des militaires habitués à travailler dans les missions de contact et qui sont par ailleurs correspondants sûreté. Ils connaissent donc très bien le territoire, les élus, les professionnels. » Pour les appuyer, la compagnie a également fait appel à des réservistes, ayant eux aussi une très bonne connaissance des enjeux locaux. Depuis le 29 août et jusqu’au 12 septembre, le dispositif de la brigade Gend’viti est en outre renforcé par la venue de deux escouades (2 x 6 binômes cavalier/cheval) de la Garde républicaine, présentes depuis plusieurs années dans le cadre du Plan Champagne.

© SIRPA-G - GND B. LAPOINTE

À titre d’expérimentation

Le dispositif de la brigade Gend’viti, inédit en gendarmerie, a été mis en place à titre d’expérimentation, mais pourrait bien être renouvelé, voire s’étendre. Dans le Champenois, les fêtes de fin d’année sont l’autre période particulièrement importante et très sensible pour le monde viticole, avec cette fois une attention tournée non plus vers les vignes, mais vers les celliers, cibles de choix pour les voleurs. En attendant le retour d’expérience, des départements voisins, comme l’Aube, ont déjà fait part de leur intérêt pour cette toute nouvelle brigade mobile.

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