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Les intervenants sociaux en gendarmerie, un accompagnement du public sur mesure

Auteur : le chef d'escadron Sophie Bernard - publié le
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© Gendarmerie/SIRPA/F.GARCIA
Chargé de mission au sein de l’Association nationale d’interventions sociales en commissariat et gendarmerie (ANISCG), Laurent Puech revient sur ce réseau de travailleurs sociaux intégrés dans le maillage des forces de l’ordre. Ce partenariat de plus de 20 ans avec la gendarmerie profite à la fois aux usagers et aux militaires engagés pour leur sécurité.

Au-delà des plaintes, des patrouilles et des interventions, les journées des forces de l’ordre contiennent également une part non négligeable de social : trouver un refuge pour un sans domicile fixe retrouvé la veille en état d’ivresse publique manifeste, appeler l’aide sociale à l’enfance pour un mineur placé sur décision judiciaire et courant un grave danger, orienter une victime de violences intra-familiales vers les bons interlocuteurs à la suite de son dépôt de plainte, etc. Des situations particulièrement chronophages, qui ont tendance à détourner les policiers et les gendarmes de leur cœur de métier.

« Face à ce constat, des travailleurs sociaux ont commencé à intégrer les locaux des commissariats dans les années 1990, puis ceux des compagnies ou des groupements de gendarmerie au début des années 2000, afin de prendre le relais directement sur place, relate Laurent Puech, chargé de mission au sein de l’Association nationale d’interventions sociales en commissariat et gendarmerie (ANISCG). Aujourd’hui, ce sont 430 ISCG employés au total, dont 242 partiellement ou exclusivement en zone gendarmerie. La majorité sont des assistants sociaux, des éducateurs spécialisés ou des conseillers en économie sociale et familiale. Tous ont déjà plusieurs années d’expérience sur le terrain, ce qui est primordial, puisqu’ils vont se retrouver ensuite isolés au sein d’un nouveau milieu qu’ils vont devoir appréhender. »

Une délocalisation pour une approche pluridisciplinaire

Pour une adaptation en douceur dans ce monde d’uniformes, les ISCG bénéficient d’une phase d’accueil de quinze jours pour découvrir le service et les personnes qui les entourent. Ils peuvent également s’adresser à l’ANISCG, qui a justement pour but de répondre à leurs questions, de les soutenir et de les réunir régulièrement dans le cadre de formations et de séminaires.

« Les retours des intervenants sur leur intégration en commissariat et en gendarmerie sont très positifs. La majorité d’entre eux apprécient ce positionnement, qui leur permet d’être en relation avec des personnes qui n’étaient pas forcément connues des services sociaux, par méconnaissance ou parce qu’elles ne le désiraient pas. En travaillant au sein des brigades et des commissariats, ils rencontrent vraiment une multitude de personnes, victimes ou auteurs, majeurs ou mineurs, ainsi que des situations très différentes : fugues, violences intra-familiales, conflits de voisinage, personne âgée désorientée, etc. Ils bénéficient également d’une grande marge de manœuvre pour leur apporter une réponse personnalisée, adaptée à leurs besoins spécifiques et ce, en lien avec les enquêteurs avec lesquels ils échangent, mais aussi avec le service social local, les juristes d’aide aux victimes ou encore les structures sanitaires », constate Laurent.

Ce réseau d’intervenants intégrés dans les locaux des forces de l’ordre permet ainsi une approche pluridisciplinaire appréciée, non seulement des professionnels, mais aussi du public, qui n’a pas à chercher désespérément les interlocuteurs adéquats, au risque d’abandonner sa quête. « Le dialogue est aussi parfois plus facile à instaurer en tenue civile qu’en uniforme, c’est aussi en cela que c’est complémentaire. »

À la suite du Grenelle des violences conjugales et au regard de la nécessité d’accompagner au mieux les familles concernées, 170 postes supplémentaires ont été créés en deux ans. « On estime qu’il faudrait un ratio d’au moins un ISCG pour 150 000 habitants. Il faudrait donc encore environ 200 postes pour couvrir correctement tout le territoire national », estime Laurent, qui espère que le réseau continuera de s’étoffer dans les années à venir.

Pour contacter l’intervenant implanté au plus près de chez vous, consultez la carte mise à disposition par l’ANISCG.